Chroniques de Gjalahall - Les Sorcières de l'Estan

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Chroniques de Gjalahall - Les Sorcières de l'Estan

Je vous propose quelque chose d'un peu différent aujourd'hui, je ne sais pas si ça vous plaira ou non... figurez-vous qu'en plus du reste, j'écris. Beaucoup ! J'ai commencé vers mes 11 ans, autant vous dire que ça remonte ! A l'époque, c'était surtout de mignonnes petites histoires de poneys et de fées (bonjour l'Elfe du Donjon :D) et ensuite, des vampires pendant ma période gothique (avant que Twilight ne sorte, je tiens à le préciser)... et puis mon univers s'est développé, et j'ai maintenant un atlas, une langue, des religions, différentes cultures et peuples qui évoluent à différentes époques de mon monde : tout un bazar !

Je doute que mes histoires paraîtront un jour, parce que je ne suis pas sûre qu'elles puissent intéresser un public qui a déjà pléthore de choix au niveau de l'heroic-fantasy, et ensuite parce que c'est tellement personnel que je ne sais pas si j'arriverai un jour à lâcher prise et à partager tout ça avec des inconnus, au risque qu'ils se l'approprient et le déforment. Si vous écrivez, est-ce que vous avez aussi ce sentiment un peu contradictoire ? L'envie de partager mais de garder également pour soi, comme un refuge secret ?

Tout ça pour dire que, si je ne vais pas dévoiler la trame principale du gros roman sur lequel je planche depuis bientôt 15 ans, je peux vous partager quelques petites chroniques décousues, des fenêtres ouvertes sur mon univers et celles et ceux qui y vivent. Vous êtes partant(e)s ? ;)

On va donc commencer, comme l'évoque le titre de l'article, par les sorcières de l'Estan, dont les chroniques sont rapportée par le célèbre Gurvan, Conteur de Toutes les Terres.

On sait finalement peu de choses sur les sorcières de l'Estan. Quand sont-elles apparues ? Difficile à dire. D'aucuns disent qu'elles ont côtoyé les Elfes, peu de temps après que les Hommes soient nés, mais elles ne sont pas immortelles comme les premiers et guère plus résistantes aux affres du temps que les seconds. J'ai eu la chance de rencontrer lors de mes pérégrinations un moine de l'ordre de Falerios, qui dans ses jeunes années a eu la chance de vivre parmi les sorcières. Son récit m'a permis de lever quelques zones d'ombre, bien qu'il reste des fragments entiers de l'histoire des sorcières qui demeureront probablement inconnus du monde extérieur.

Où vivent-elles ? Mon moinillon était en route pour une mission sur les contreforts du Pic Varagoriel, que l'on sait être le sommet le plus haut de tout Gjalahall, lorsqu'il se trouve malheureusement séparé de son escorte après une attaque de gobelins. Il me raconta alors les pénibles jours qui s'en suivirent, perdu dans les montagnes, sans nul autre vêtements que sa bure et une pélerine, sans boisson ni nourriture - et vous devinez à quel point ces deux derniers éléments sont chers au coeur des moines ! Il allait se résoudre à rejoindre son Dieu lorsque des chants lui parvinrent, au plus sombre de la forêt. Le moinillon s'en approcha avec prudence, bien que cette découverte lui causât le plus grand émoi.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il tomba sur une sorte d'étrange déjeuner, organisé par une poignée de femmes, de la fillette à l'aïeule, toutes assises sur un épais tapis de mousse bordant un ruisseau, chantonnant un air frais et malicieux. Jugeant la menace acceptable - sûrement à tort, d'ailleurs - le petit moine s'annonça à cette curieuse assemblée. Les femmes le dévisagèrent sans surprise et, après qu'il eût décliné son identité, elles l'invitèrent même à se joindre à elles. Le jeune homme, qui n'était pas originaire du royaume de Varagoriel, ne savait bien évidemment pas que des sorcières vivaient dans les montagnes. L'eût-il su, il aurait sans doute pris ses jambes à son cou - elles sont de redoutables ensorceleuses et leurs breuvages, aussi bénéfiques que maléfiques parfois, sont d'une incroyable efficacité. Mais elles se montrèrent accueillantes et partagèrent avec lui des oeufs brouillés, un râgout de racines et de champignons (dont il me complimenta encore l'assaisonnement), ainsi qu'un hydromel léger et fruité comme un jus de pomme.

Le déjeuner achevé, le moinillon s'enquit de la route la plus proche, pour rejoindre soit Fortelance, la capitale du royaume, soit le relais d'Aubeneige, où il était attendu. Question qui fit rire les sorcières les plus jeunes, sourire les plus anciennes, et qui laissa le moine perplexe. Les sorcières lui apprirent gentiment qu'il s'était aventuré dans le Val de Sourcelune et qu'il n'était point permi d'en ressortir vivant. Comme vous pouvez l'imaginer, le moinillon passa d'un rire légèrement nerveux, suspectant une plaisanterie, à la panique la plus totale.

Les sorcières le rassurèrent toutefois, si c'était possible, en lui apprenant qu'il pourrait rester dans le Val sans encourir le moindre danger - de nombreux hôtes avaient par ailleurs choisi cette option et coulaient des jours heureux parmi les sorcières. Quand il répliqua qu'il lui était difficile d'envisager une telle chose, lui qui devait répandre la sagesse de Falerios, elles lui expliquèrent qu'autrefois, les sorcières vivaient parmi les Hommes sans heurts ni esclandres. Mais un jour, un souverain de Varagoriel, furieux d'avoir été éconduit par l'une des plus charmantes sorcières, se décida à toutes les punir pour une telle impudence.

Les citoyens de Fortelance commencèrent alors à les voir d'un mauvais oeil, à critiquer leurs potions et leurs baumes, à les couvrir de quolibets puis d'insultes, et enfin à les chasser. Bien décidées à leur échapper, les sorcières s'en furent donc dans la forêt bordant la crête de Varagoriel, qui appartenaient bien entendu au Roi, et en firent un havre de paix que seules leurs semblables pourraient rejoindre. Il arrivait de temps à autres qu'un innocent s'y aventure, mais pour qui connaît l'existence des sorcières, c'est une chose impossible. Le souverain de Fortelance en fit ainsi les frais, après avoir envoyé plusieurs fois ses troupes dans le Val : elles n'en trouvèrent jamais l'entrée.

Quelque peu rassuré mais toujours circonspect, notre moinillon s'en fut avec elles pour découvrir l'un de leurs villages. Il fut là-bas charmé par les maisons des sorcières, de ravissantes petites demeures qui se confondaient avec les arbres au feuillage foisonnant. Des portes tordues s'ouvraient dans l'écorce, des lucarnes brillaient dans des écrins de branchages, des ponts suspendus reliaient entre elles des terrasses, des balcons ; des escaliers montaient en tortillant jusqu'aux plus hautes frondaisons. Il y avait également un marché, dont les petits étals débordaient de victuailles et d'articles raffinés, des tavernes ouvertes sur les rumeurs tranquilles de la forêt, un petit torrent qui venait animer le centre du village. Le moinillon aurait pu s'avouer conquis par la beauté des lieux, ainsi que par la compagnie des sorcières, somme toute agréable. Mais il y avait encore bien des endroits par le monde qui devaient entendre ce qu'il avait à dire, et après quelques semaines passées parmi les sorcières, notre jeune moine alla enfin trouver la Matriarche.

La sorcière l'écouta patiemment - elle avait déjà sa petite idée quant au sort à réserver au moinillon. S'il était un agréable compagnon, les sorcières n'avaient finalement que peu d'intérêt pour ses sermons assommants - et puis, il avait fait voeu de chasteté. La Matriarche décida donc de lui confier une mission: le jeune moine pourrait quitter sa retraite à condition de parcourir les terres de l'Estan, porté par sa parole divine, en quête d'autres sorcières auxquelles il indiquerait l'emplacement du Val. Etant suffisamment rusée pour comprendre les rouages qui s'imbriquaient bien à l'abri de l'esprit du moinillon, elle le fit jurer sur la Sainte Parole de Falerios - que le jeune homme soit maudit par trois fois s'il venait à trahir sa parole ! La sorcière en fit ainsi un émissaire pour ses soeurs dispersées aux quatre vents, et le moine put quitter le Val sans encombres.

Il était grisonnant lorsque nous nous revîmes une dernière fois, lui et moi. Il avait trouvé bon nombre de sorcières au fil des années et leur avait transmis le message de la Matriarche, sans jamais faillir à sa promesse de ne révéler à nul autre le chemin du Val. Je ne pris donc pas la peine de le lui demander, mais notai précieusement tous les détails qu'il me rapporta au sujet de cette mystérieuse peuplade. Qui sait, peut-être un jour finirai-je moi-même par croiser la route d'une sorcière ?

J'espère que cette première Chronique vous aura plu ? N'hésitez pas à me le dire en commentaires, peu de personnes ont lu mes histoires jusque-là et avoir des avis extérieurs me ferait vraiment plaisir :)

A très vite pour un nouvel article - nous partirons cette fois-ci sur les terres de Skyrim, parce que j'ai enfin reçu ma commande de cartes et mini-prints ; mais chut, je ne vous en dis pas plus !

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2 comments

  • KoryLeodwen

    Bonjour @Flore! Merci infiniment pour ton commentaire, ça me touche vraiment que tu aies apprécié ta lecture :) je me sens aussi un peu moins seule vis à vis de ma “retenue” envers mes écrits haha même si j’espère quand même un jour pouvoir passer outre ! Pour le moment je n’ai rajouté que cet extrait à mon blog, mais je vais très certainement continuer avec d’autres petites chroniques qui pourront se lire séparément. En attendant, merci encore et à très vite !

  • Flore Chambry

    Bonjour, très agréable à lire! Tu as beaucoup de courage et je comprends tout à fait l’ambiguïté que tu ressens à montrer tes écrits tout en voulant les garder pour toi seule car j’aime aussi écrire depuis petite mais chaque fois que je me décidais à partager mes histoires je faisais machine arrière quelques jours après!alors bravo!!! Je vais lire avec grand plaisir tes autres récits et si il y a un « ordre  » de lecture ou des conseils de prononciation ou autres précisions pour mieux comprendre et être une invitée respectueuse de ton univers dit moi!!

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